Pourquoi ce blog ?

Le monde va basculer dans une nouvelle civilisation avant la fin du 21ème siècle ; «la civilisation urbaine». En effet, depuis la révolution industrielle, le monde est progressivement passé d’un monde caractérisé par des schémas d’établissements humains essentiellement ruraux à un monde dominé par l’urbanisation, l’industrialisation, l’immigration et la mondialisation. Ce blog est donc créé pour participer aux débats sur l’urbanisation massive du monde, ou à la «révolution urbaine» en cours ; il s’agit de l’urbanisation totale de la planète. Cette tectonique urbaine intervient dans le contexte particulier d’une double contraintes au niveau global ; la raréfaction des ressources naturelles non renouvelables et l’exigence d’un développement durable. Alors que cette vague va affecter le continent Africain pour la première fois de son histoire, nous ferons ressortir la particularité du phénomène sur le continent, relever les défis et les opportunités dont il est porteur, et, offrir une plateforme d’expression, fédérant les différents points de vues et actions des acteurs du secteur urbain à travers tous les pays africains et partout dans le monde. La transition numérique tout aussi inédite pour le monde entier, pourrait favoriser l’émergence de pistes d’actions innovantes pour une gestion efficace du phénomène.

 

Nos Missions

Le monde est à l’âge de grandes transitions ; urbaine, démographique, économique, numérique, démocratique et écologique, qui se combinent et se renforcent mutuellement pour créer un futur difficilement prévisible. De toutes ces forces transformatrices toutefois, la transition urbaine se présente comme le socle qui soutien tout l’édifice. En effet, les villes concentrent et concentrons de plus en plus de populations diverses, des activités économiques à hautes valeurs ajoutées, des savoir-faire scientifiques, technologiques et d’innovations. Elles sont les lieux privilégiés de luttes et de transformations sociales et concentrent les pouvoirs politiques. Ce sont aussi des lieux de grandes consommations de ressources naturelles (matières premières, eaux et énergie, etc.) qui dictent les principales tendances aux niveaux national et mondial. Mais, les villes sont aussi un des acteurs clés de la dégradation de l’environnement, de la santé des citadins et du climat, notamment par les impacts négatifs de leur expansion spatiale ou étalement, des activités économiques et de la consommation urbaine sur la biodiversité, l’atmosphère et le climat.

Pour ne pas subir ces mutations en cours, il faut les identifier, les comprendre et profiter de leurs impacts ; il faut agir. Nous nous concentrerons ainsi sur  la recherche et la diffusion d’informations, de connaissances et de pratiques sur le rôle transversal de l’urbanisation dans les changements accélérés en cours.

L’Afrique est le dernier continent du monde à entamer sa transition urbaine. Elle ne peut participer pleinement à ces grands bouleversements qui s’annoncent sans que ses villes ne soient fonctionnelles, productives, compétitives et durables. Ou sans renforcer ses capacités à faire vivre, travailler et prospérer ensemble, de façon harmonieuse, un nombre de plus en plus grand d’hommes et des femmes sur des espaces géographiques réduits.

Aussi, le Blog se donne-t-il pour ambition, de contribuer à l’émergence de villes viables et vivables en Afrique, à travers trois grandes missions :

  1. Valoriser le rôle incontournable des villes dans la transformation économique, social et culturel des pays ;
  2. Valoriser le rôle majeur des villes dans la réalisation du développement durable ;
  3. Souligner l’immense potentiel des technologies et services du numérique pour une gestion efficace des villes avec moins de ressources et pour une plus grande qualité de vie des populations.

 

Nos objectifs stratégiques

  1. Accélérer la prise de consciences des acteurs du secteur urbain, des décideurs politiques et économiques que les villes sont les lieux privilégiés de localisation de l’industrie qui est source d’une plus grande productivité des facteurs et de transformation des économies ;
  2. Accélérer la prise de consciences des décideurs politiques que les villes sont les marchés naturels de la production agricole, et que cette demande urbaine en produits vivriers et de matières premières, ainsi que l’accès à ces marchés, influencent directement les niveaux des productions, les revenus des paysans et la qualité de vie en milieu rural. Les prévisions évaluent à US$100 milliards par an le montant de produits alimentaires que l’Afrique importera en 2025 ;
  3. Renforcer la prise de conscience des Etats et des Collectivités Locales que les villes sont des créations artificielles en constantes construction et reconstruction et qu’un engagement de tous instants et de tous les acteurs du secteur urbain est indispensable pour les rendre fonctionnelles, productives, compétitives, prospères, sûres, inclusives et durables. Et que toutes les villes du monde entier quel que soit leur taille et leur niveau de développement, sont en compétition pour attirer les entreprises, les capitaux, les talents et quelquefois les touristes.

 LE CONTEXTE

 « Les villes sont des lieux de concentration de populations et de l’essentielle de l’activité économique moderne. Les chiffres sont ; 0,5% de la surface du globe ; 54% de la population mondiale ; 80% du PIB global et 75% des émissions de CO2 » UN-HABITAT

 

« Le Grand Abidjan, avec une superficie de 3 846 km2 et une population de 5,4 millions d’habitants soit 25% de la population du pays, est le moteur économique de la Côte d’ivoire. Il génère environ 60% du produit intérieur brut (PIB) du pays et un pourcentage similaire d’emplois formels ». District Autonome d’Abidjan

 

 « En moyenne, lorsque le pourcentage de population urbaine d’un pays augmente de 10%, la production par habitant de ce pays augmente de 30%. ….la ville accroit la productivité… » Edward Glaeser

« Les villes ne rendent pas les gens pauvres ; elles attirent les gens pauvres. » Edward Glaeser

 

« Le 19éme siècle fut le siècle des Empires, le 20éme celui des Etats-Nations et le 21éme siècle sera le siècle des Villes ». W. Webb, ancien maire de new York

 

Le 21ème siècle ; le siècle des villes.

Le monde s’urbanise inexorablement, aujourd’hui, plus de 50% (soit plus de 3,5 milliards de personnes) vit dans les villes, amorçant ainsi la transition d’un monde largement rural à un monde essentiellement urbain, 6,3 milliards en 2050. Avant la fin du siècle, les citadins seront, tous pays confondus, développés et en voie de développement, plus nombreux que les ruraux. Cette seconde vague de l’urbanisation qui intervient après celle des pays développés du Nord, a lieu essentiellement en Afrique et en Asie et se caractérise par sa rapidité et son empileur sans précédent. Selon l’AFD, l’Afrique passera de 300 millions d’urbains en 1960 à environ 1,2 milliards en 2050, soit une population urbaine multipliée par 4 en 90 ans.

La croissance économique des pays dépendent presque entièrement de ses villes. Dans presque tous les pays existe une corrélation quasi parfaite entre urbanisation et productivité. Selon Edward Glaeser, en moyenne, lorsque le pourcentage de population urbaine d’un pays augmente de 10%, la production par habitant de ce pays augmente de 30%. Les villes sont sous bien des aspects  les lieux où le génie de la nation s’exprime le mieux.

Les villes sont les lieux de productions industrielles et de services, mais aussi de consommation, de localisation de la finance, des assurances et des banques ; les villes sont incontournables pour le développement économique des pays. Centres des institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche, les villes stimulent l’innovation et mettent en relation leurs habitants les plus intelligents, favorisent le développement et la compétition des talents pour les emplois urbains.

Les villes sont la plus grande invention de l’espèce humaine, elles constituent une des plus grandes forces transformatrice des sociétés. Sièges des institutions politiques et administratives « les lieux du pouvoir », elles sont essentielles pour l’encadrement politique et administratif des nations. Elles sont même devenues des acteurs politiques à part entière, au côté de l’Etat, avec le renforcement des politiques de décentralisation à travers le monde. Haut lieux de productions et de diffusion des médias et des arts (journaux, films, modes, musique, cuisine, etc.), les villes sont les vecteurs par excellences des transformations culturelles dans le monde. Elles génèrent aussi des liens sociaux et conviviaux créés par la diversité et la proximité spatiale des individus.

Par ailleurs, les villes dépendent entièrement des zones rurales pour leur nourriture, car elles concentrent l’essentiel des activités non agricoles des pays. Ainsi, l’urbanisation rapide de l’Afrique nécessite une transformation en parallèle des systèmes agricoles afin de répondre aux besoins des citadins qui doivent manger au moins trois fois par jour pour survivre et prospérer.

 

Ces bénéfices qu’offrent les villes ne sont pas automatiques, ils résultent d’un effort délibéré d’investissements cohérents dans des infrastructures stratégiques, pour les rendre fonctionnelles, productives, compétitives, résilientes, sûres, inclusives et durables. Par exemple, malgré un marché potentiel de 1,4 milliards de d’habitants, il a fallu que la Chine entreprenne des réformes économiques et des investissements dans des grandes infrastructures de connexion (ports, aéroports, routes, rails, électricité, télécommunications,  etc.) dans les années 1970 et transforme ses petites villes de la côte Est en mégalopoles industrielles de rang mondial, pour devenir en moins de 50 ans, la deuxième puissance économique mondiale.

QU’EN EST-IL DE L’URBANISATION EN AFRIQUE ?

Dans l’article du journal Jeune Afrique, publié le 29 Novembre 2018 et intitulé « Colonialisme volontaire » : des économistes proposent de confier la gestion des villes africaines aux occidentaux, il est rapporté la proposition d’un économiste européen de confier aux occidentaux  la construction « des villes sous charte » en Afrique afin de limiter les flux migratoire vers l’Europe. Les occidentaux pourront ainsi créer des villes fonctionnelles et prospères qui vont booster  la création d’emplois et le développement du continent. La teneur de cet article donne une idée de l’état actuel des villes africaines.

L’Afrique connait une urbanisation ultrarapide. S’il a fallu à l’Europe 200 ans pour que sa population urbaine passe de 15 millions soit 10 % en (1750) à 423 millions, 52 % (1950), l’Afrique connaitra la même évolution en 80 ans, soit plus de deux fois moins de temps, de 309 millions d’urbains soit 18% de sa population en (1950) à 1,2 milliards en (2050) soit 56%. Cette urbanisation constitue à la fois un potentiel énorme de productivité et de croissance économique et une grande pression sur les budgets publics face aux besoins de ces nouveaux citadins.

Toutefois, la plupart des villes sur le continent, sont, selon la Banque mondiale, «encombrées, fragmentées, onéreuses pour les entreprises et pour les habitants». Les villes africaines sont ainsi fragmentées entre des enclaves résidentielles abritant les membres d’une classe moyenne en croissance, des quartiers populaires et de nombreux quartiers précaires délaissés, où se retrouvent les populations les plus pauvres, celles issues de l’exode rural et des migrations forcées (déplacés ou réfugiés), provoquées par les nombreux conflits armés internes dont le plus récent est celui du Soudan du Sud, ou du terrorisme islamiste avec Boko Haram, en Afrique de l’Ouest et Central, Al Chebab dans la corne de l’Afrique et  Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)  dans le Sahel.

Une urbanisation ultrarapide, mais sans industrialisation OU « une urbanisation sans développement ».

S’il n’y a pas de définition officielle de la ville, un vide qui permet à chaque pays de fixer ses propres normes,  la ville se distingue du village par la densité ou la taille de population plus grande dans la ville et  par les activités dominantes qu’on  exercent dans chaque type de localité; ce que font les gens qui habitent ces lieux. Ainsi, le village est le lieu où dominent les activités agricoles et extractives, tandis que la ville abrite les activités industrielles et de services. « la ville favorise la monétarisation de l’économie, facilite la mobilité sociale et l’adéquation entre l’offre et la demande de main-d’œuvre qualifiée, élargit les débouchés de la production industrielle et agricole »,  Bairoch

L’urbanisation des pays occidentaux et émergents s’est accompagnée de l’industrialisation qui décuple la productivité des facteurs et accélère la transformation structurelle de l’économie. En Afrique, les économies urbaines sont dominées par le secteur informel à peine plus productive que le secteur agricole. Ce secteur qui emploie la plus grande partie des jeunes sans formation spécialisée et/ou supérieure, n’arrive pas à absorber les jeunes biens éduqués des grandes écoles et des universités qui constituent la grande masse de chômeurs qui alimente les candidatures à l’immigration clandestine.

Le secteur informel dominé des entreprises de très petites tailles, peu productives et souvent non enregistrées, ne fournit pas aux Etats les ressources fiscales nécessaires au développement des villes.

Une urbanisation largement dominée par l’informalité.

Selon Edgard Pieterse (Directeur de African Centre of Cities : ACC),  l’Afrique réunit les conditions systémiques pour la perpétuation d’un « Urbanisme de Bidonville ». Une urbanisation ultrarapide, une absente d’opportunités d’emplois pour le plus grand nombre, à cause de politiques de sous investissements chroniques dans les infrastructures support de l’industrialisation, un étalement urbain incontrôlé conduisant à une forme urbaine non viable économiquement et fragmentée entre bidonvilles négligées et sous équipés, quartiers populaires mal gérés et des enclaves résidentielles de haut standing. En résumé, l’urbanisation en Afrique est caractérisée par une informalité généralisée ; économie urbaine dominée par les activités informelles peu productives, qui emploient peu de personnes et génèrent peu de recettes fiscales pour le budget de l’Etat et informalité de l’habitat avec un nombre élevé de quartiers précaires. Sans ressources financières suffisantes pour investir dans les infrastructures de développement et restructurer en même temps les quartiers précaires, l’Afrique est-elle condamnée à reproduire des villes dominée par les bidonvilles, dans un contexte d’urbanisation ultrarapide ?

Des villes africaines à expansion spatiale rapide conduisant à un étalement urbain incontrôlé.

En 2017, une de coulée de boue a rasé entièrement un bidonville situé sur un flanc de colline où une forêt classée a été déboisée et squattée, à Freetown en Sierra Léone faisant 400 morts et 3 000 blessés. Les dégâts humains et matériels sont énormes. Ce drame n’est pas un cas isolé dans les villes africaines surtout en saisons pluvieuses. Il est imputé à l’urbanisation rapide des pays sur le continent et à l’incapacité des pouvoirs publics à planifier l’extension spatiale des villes ou à mettre en œuvre un plan qui existait et/ou à fournir aux populations des terrains constructibles ou des logements abordables. Le manque de planification spatiale occasionne toujours des morts dus à la prolifération des bidonvilles qui en résulte, situées généralement dans des zones moins chères et à forts potentiels de risques naturels.

De façon générale, la superficie des villes tend à croître encore plus rapidement que la population. L’expansion spatiale consiste en un développement périurbain fortement consommateur d’espace, lié notamment à la construction de maisons individuelles isolées et aux phénomènes de spécialisation des fonctions, c’est-à-dire la séparation dans l’espace des logements, des emplois et des services. Le rythme de l’expansion spatiale des villes rend onéreux la réalisation et l’entretien des VRD et ne permet pas aux réseaux de voiries, d’électricité, d’eau potable et de téléphonie de s’étendre assez vite pour fournir aux populations et aux entreprises, les services dont ils ont besoins. L’étalement urbain détruit des plantations et se fait au détriment des terres arables. Il menace les écosystèmes spéciaux (les zones humides, les eaux de surface, les zones inondables, les zones d’infiltration des eaux souterraines, les habitats d’espèces de flores et/ou de faunes rares, etc.). L’étalement urbain rallonge les distances et la durée des déplacements, accentue la pollution de l’air et l’émission de CO2 par les véhicules, faisant ainsi de la ville, la première cause de la dégradation de l’environnement. L’étalement urbain rend les transports publics onéreux et financièrement non rentables, plombe l’économie locale et réduit la qualité des services aux populations. Si la plupart des villes en Afrique présente une forte mixité fonctionnelle avec le commerce, la tendance globale des formes urbaines est plus à l’étalement à cause de l’absence ou de la présence minimale des Etats et des Collectivités Locales dans le processus de développement spatial des villes. Elle se traduit par une faible régulation avec une réglementation obsolète par rapport au processus de  Développement Durable, un manque de production ou d’application des plans de développement spatial et un financement insignifiant par rapport aux besoins en infrastructures, en opérations d’aménagement foncier ou d’habitat.

Au niveau des Nations Unies l’urbanisation est reconnue  comme un enjeu global de développement. C’est loin d’être suivi d’effet en Afrique

 

La  fin de la deuxième guerre mondiale marque le début de négociations et de création d’institutions destinées à régler les problèmes globaux de développement du monde. Les années 1970 voient la reconnaissance de l’Environnement, de la montée des inégalités sociales et de l’Urbanisation au rang d’enjeux globaux de développement. Le premier sommet de la terre à Sotckholm en 1972 concrétise  la prise en compte des problèmes environnementaux et la création du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNE). Dans la même foulée, le 1er janvier 1975, l’Assemblée générale des Nations Unies crée la Fondation des Nations Unies pour l’habitat et les établissements humains (UNHHSF), le premier organisme officiel des Nations Unies consacré aux questions d’urbanisation. Il deviendra le 1er janvier 2002, ONU-Habitat, le Programme des Nations Unies pour les établissements humains, chargé par l’Assemblée générale des Nations Unies de promouvoir le développement social et écologique durable des villes. L’une des activités phares de l’ONU-HABITAT, les conférences des Nations unies sur le logement et le développement urbain durable suivent un cycle de 20 ans : (1976, Habitat I), (1996, Habitat II) et (2016, Habitat III), et forment une caisse de résonance qui accélère la prise en compte dans les politiques publiques des grandes thématiques urbaines.

Le troisième Sommet de la Terre en 1992 à RIO où les villes et les territoires décentralisés ont été associés aux négociations au côté des Etats, voient la création d’Agenda 21 Locaux destinés à guider les actions de développement durable des Villes et territoires.

Mais l’adoption des ODD en Septembre 2015 avec l’Objectif n°11 consacré au développement urbain durable, marque la plus grande avancée dans la prise en compte de l’urbanisation dans les enjeux globaux de développement et la proposition de cibles et d’indicateurs pour guider l’action.

C’est donc naturellement qu’aux négociations de la COP21 tenue en Décembre 2015 à Paris, les villes et collectivités territoriales avec les autres acteurs non-étatiques ont été admis aux débats et ont endossés les conclusions de la COP 21.

La conférence Habitat III de l’ONU-HABITAT à Quito en Octobre 2016, dans son rapport sur le Nouvel Agenda Urbain (NUA en anglais), fait le lien entre les ODD et la COP 21 et donne une feuille de route pour la mise en œuvre des accords précédents par les villes et Collectivités Territoriales.

Si les Etats, les villes et Collectivités Territoriales d’Afrique ont pris une part active dans les négociations sur les villes et établissements humains au niveau les instances internationales, et parfois traduits les conclusions des accords dans leurs lois nationales, la faiblesse des investissements dans leurs villes démontre, soit un désintérêt pour le sujet, soit une compréhension insuffisante des liens entre urbanisation et développement économique.

Cependant, de l’espoir existe avec l’adoption de l’Agenda 2063 par le Sommet de l’UA en janvier 2015 comme base pour la transformation socio-économique et l’intégration à long terme de l’Afrique. C’est est un plan pour la transformation structurelle de l’Afrique, qui a été approuvé par le Sommet du Jubilé d’or de l’Union africaine, en mai 2013 dénommé « L’Afrique que nous voulons Cadre stratégique commun pour une croissance inclusive et un développement durable ». La mise en œuvre de ce plan est basée sur une série de cinq plans décennaux dont le premier de 2013 à 2023 été adopté par le Sommet de l’UA de juin 2015.La signature du Cadre de l’Union africaine et des Nations Unies pour la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et du Programme de développement durable à l’horizon 2030 (le Cadre de développement) par le Président de l’Union africaine et le Secrétaire général des Nations Unies en janvier 2018 constitue une avancée importante qui a une incidence non négligeable sur la mise en œuvre des deux programmes d’action. De plus, en 2018, onze pays africains ont participé à des examens nationaux volontaires (ENV) des progrès qu’ils ont accomplis dans la réalisation des Objectifs de développement durable dans le cadre du FPHN. Les ENV menés par les pays constituent un mécanisme important pour mesurer les progrès accomplis en direction des cibles du Programme 2030 aux niveaux national et infranational. Même si la mise en œuvre de ces plans ne fait pas une place spéciale à la gestion l’urbanisation gestion de l’urbanisation, elle demeure un début prometteur.

 

  • Une gestion inappropriée des quartiers précaires

Selon l’ONU-HABITAT, les bidonvilles apparaissent comme un type dominant et distinct des peuplements dans les villes du monde en développement. Depuis 2000, la population mondiale des bidonvilles a augmenté d’en moyenne six millions par an. Cela signifie une augmentation de 16,500 personnes par jour. En Afrique subsaharienne, 60% de la population urbaine vit dans des bidonvilles, et d’ici 2050, la taille de cette population devraient augmenter pour atteindre 1,2 milliard. Les quartiers précaires risquent d’être le monde d’urbanisation dominant en Afrique. La logique de la démolition semble être la réponse des politiques face à ce phénomène au lieu et place de politique de restructuration ou de développement in situ quand cette option est possible. La construction de villes nouvelles mal insérées dans la ville existante, loin des zones d’emploi, favorise la création de quartiers spontanés et non structurés. L’Afrique a un problème de résorption mais aussi d’anticipation du phénomène de « bidonvilles ». Une institution spécialisée à élever au rang de ministère, chargé des quartiers précaires, aiderait à reconnaître et à prendre en charge efficacement ces questions d’urbanisation qui accentuent l’exclusion sociale et économique d’une large frange de la population urbaine. Résorber ces quartiers spontanés, hyper densifiés, non structurés et sous équipés, permettrait d’insérer 1,2 milliards de personnes dans l’économie urbaine à l’horizon 2050. Cette institution pourrait prendre en charge la rénovation ou renouvellement des quartiers anciens dont le niveau de dégradation des infrastructures est tel que des quartiers entiers sont isolés de la ville et renforçant ainsi la paupérisation des populations.

  • Une politique de décentralisation plein de promesses mais sous financée

Depuis la fin des années 80 et au début des processus démocratiques au cours des années 90, la décentralisation est vulgarisée comme méthode de gouvernance locale dans de nombreux états en Afrique. Les collectivités Territoriales ainsi créées se sont très vite retrouvées en première ligne face aux besoins pressant des populations. L’urbanisation massive du continent les place donc devant des demandes énormes en matière de logements décents et abordables et d’infrastructures et services urbains qu’elles n’ont ni les moyens, ni les compétences techniques et managériales pour y  faire face. Une des principales raisons est que les exécutifs municipaux sont à court d’argent et peinent à générer des revenus fiscaux. Les autorités municipales manquent souvent de l’autonomie financière nécessaire pour agir. La répartition et le transfert de compétences entre l’Etat et les Collectivités Territoriales n’étant pas toujours suivis des ressources financières nécessaires.  Malgré tout, selon (Afrobarometer, 2016)., le processus de la décentralisation entamé en Afrique est globalement profitable aux populations du point de vue de la qualité de l’offre des services socio-publics.

 La gouvernance de l’urbanisation en Afrique n’est pas encore à la hauteur des enjeux économiques et de développement social dont elle est porteuse. La plupart des villes sont peu productives et risquent de concentrer encore plus de populations désœuvrées et pauvres que d’activités industrielles et de possibilités de développement personnel et collectif dans l’avenir, si des investissements massifs ne permettent de renverser la tendance de villes dominées par l’informalité. Des moyens pour relever ce défi existent. Reste à bâtir une stratégie.

L’AFRIQUE, LE DERNIER CONTINENT DU MONDE A S’ENGAGER DANS LA VOIE DE L’URBANISATION, DOIT PROFITER DE CETTE  UNIQUE OCCASION POUR AMORCER SON DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL.

 

« La géographie détermine le destin. » Ça paraît sérieux, n’est-ce pas ? C’est un adage tellement fataliste. Il nous dit que les pays enclavés sont condamnés à être pauvres, que les petits pays ne peuvent pas échapper à leurs voisins plus grands, que les grandes distances sont insurmontables. Mais à chaque voyage que j’entreprends à travers le monde, je vois une force encore plus grande emporter la planète : « la connectivité ». ….. « La connectivité détermine le destin. ». Parag Khanna

 

« Notre système global est en train d’évoluer d’empires du 19ème siècle, intégrés verticalement, puis des pays du 20ème siècle, horizontalement interdépendants, vers une civilisation mondiale en réseau, au 21ème siècle. La connectivité, et non la souveraineté, est devenue le principe d’organisation de l’espèce humaine ». Parag Khanna

 

Les avantages comparatifs et facteurs clés de développement de l’Afrique

L’Afrique peut compter sur plusieurs avantages comparatifs et facteurs clés de développement économique par rapport au reste du monde. Ce sont ; son avantage démographique, ses immenses ressources naturelles, sa politique d’intégration économique, l’adoption du numérique, la diversification des partenaires commerciaux et une rapide urbanisation.

 

  • Une population jeune dans un monde vieillissant

La population humaine est vieillissante. La diminution de la fécondité et  l’allongement de la durée de vie entraînent un vieillissement de la population. Déjà bien amorcé dans les pays du Nord, au Japon en Russie et commence en Chine et en Amérique Latine. Le vieillissement démographique de l’humanité est l’un des  changements sociaux les plus importants de ce siècle. Il entraine une rareté de la main-d’œuvre qui va peser plus lourd sur la productivité de l’économie globale et pourra nous amener à repenser le potentiel de croissance. De plus prendre soin d’un grand nombre de personnes âgées va exercer une forte pression sur les finances publiques. 

Seul le continent africain qui est au début de sa transition démographique présente un grand potentiel de population jeune. Les jeunes de moins de 25 ans représentent 60% de sa population actuelle, et 30% des 15-24 ans soit plus de 200 millions de personnes.  Des jeunes pour la plupart sans réelles perspectives d’emploi. Cette explosion démographique sera-t-il une bombe ou une dividende démographique ?  La dividende démographique est le phénomène qui induit une croissance économique tirée par la modification de la structure par âge d’une population, avec une baisse des personnes à charge (enfants et personnes âgées) et la hausse des adultes en âge de travailler. Ainsi, avec moins de personnes à entretenir, se dégage alors une épargne et des investissements qui peuvent tirer la croissance. Ce phénomène intervient à la transition démographique caractérisée par une diminution conjuguée de la mortalité enfantine et de la natalité. Pour utiliser sa dividende démographique à son optimum, l’Afrique doit dès maintenant commencer à transférer les emplois du secteur informel vers un secteur industriel formel qui permet de créer des emplois à haute intensité de main-d’œuvre. Le continent devra préparer ses villes à recevoir plus d’activités industrielles,  mais en même temps moderniser son agriculture pour nourrir les villes.

 

  • D’immenses ressources naturelles

Selon un rapport de la Banque Africaine de Développement (BAD) de 2013, l’Afrique au Sud du Sahara est dotée de 30% des ressources minières du monde. Plusieurs pays africains sont d’ailleurs très actifs sur le marché des ressources minières dont :

  • 53% du cobalt mondial de la RDC
  • 22% de la production mondiale de diamant vient du Botswana
  • 16% de l’uranium est produit en Namibie et au  Niger
  • près 9% de la production mondiale de pétrole brut vient de pays de l’Afrique au Sud du Sahara

Aux ressources minières s’ajoutent les produits agricoles où l’Afrique occupe une place de premier plan, le cacao premier producteur au monde, la noix de cajou premier producteur mondial le palmier à huile, la banane, etc. L’Afrique a par ailleurs 65% des terres arable non cultivées du monde. Comment expliquer le sous-développement du continent et son corollaire d’extrême pauvreté malgré ses immenses ressources. L’explication réside dans le fait que la plupart de ces ressources sont exportées sous forme de matières premières brutes sans aucune transformation. La solution, c’est de préparer les villes à l’industrialisation, à plus de productivité et de création d’emplois de masse. Transformer ses matières premières sur place permet de créer des emplois et réduire la pauvreté.

 

  • L’intégration régionale ;

L’intégration économique pourrait faire du continent un acteur à l’échelle mondiale. En mars 2018, 44 chefs d’État africains ont signé un accord instaurant un marché continental unique de produits et services, assorti de la libre circulation des capitaux et des voyageurs d’affaires, La Zone de libre-échange continentale Africaine (ZLEC) pourrait non seulement améliorer l’efficacité des marchés et réduire les coûts de la conduite des affaires en permettant des économies d’échelle, mais elle pourrait aussi faciliter les échanges et les investissements et redéfinir la composition et l’orientation des flux d’IDE vers l’Afrique.

La mise en œuvre de cet accord exigera des Etats qu’ils lèvent les obstacles tarifaires et non tarifaires. Les obstacles non tarifaires comprennent les obstacles Historiques (langues, économie coloniale, etc.), les obstacles Institutionnelles (visas, cartes de séjour, etc.) et les obstacles physiques (infrastructures et services de transport, systèmes énergétique, Infrastructures et services de Télécommunication). La connexion des principaux réseaux des villes du continents, principaux  places de marché par différents types de transport et les TIC permet de faciliter sur le terrain les échanges de biens et des idées et le déplacement des personnes et des capitaux. La construction d’infrastructures de desserte des couloirs de développement dans les zones économiques régionales devra s’accélérer et se renforcer pour faciliter la mise en œuvre de la  ZLEC.

 

  • L’adoption du numérique 

La transition numérique est l’une des grandes forces transformatrices qui bouleversent le monde. L’avenir de l’humanité sera dominé par le numérique, l’Intelligence Artificielle et les Robots. L’Afrique entre à peine dans cette transition,  et l’innovation numérique peut lui offrir une chance sans précédent pour développer son économie, créer des emplois et transformer les conditions de vie de sa population.

Toutefois, contrairement à l’industrie manufacturière qui créée des emplois à haute intensité de main-d ‘œuvres peu ou pas qualifiées, le secteur des technologies requiert une main-d’œuvre hautement qualifiée pour en tirer tous les bénéfices pour le développement.

De plus, les emplois suscités par des plateformes technologiques telles que « UBER », n’ont pas attend la qualité escomptée et sont plus proches d’emplois précaires que décents. La nécessité de plus de régulation du secteur est évident ainsi qu’un effort d’investissements massifs dans les infrastructures physiques.(Satellites, backbone, data center, fibres optiques, etc.) pour permettre l’accès du plus grand nombre  et réduire la fracture numérique avec le reste du monde.

 La transition numérique constitue surtout une opportunité unique aux pays africains pour accélérer la mise aux normes internationales de leur système d’enseignement supérieur sous-financé, négligé et très élitiste en vue d’être compétitif dans ce secteur d’avenir. Il s’agira aussi de renforcer massivement le financement du secteur de la Recherche dans l’enseignement supérieur et/ou dans des institutions spécialisées. C’est aussi une occasion unique pour agir et ne pas subir cette autre innovation du 21éme siècle.

L’adoption du numérique peut permettre selon Pwc, de :

  1. Rendre les entreprises et les services publics plus efficaces
  2. Renforcer la confiance et lutter contre la corruption
  3. Simplifier l’accès au marché et les interactions économiques
  4. Améliorer les soins de santé et prévenir les crises sanitaires
  5. Promouvoir l’éducation, l’innovation et la création d’emplois
  6. Réintégrer le secteur informel dans les circuits économiques traditionnels

Si les villes sont les incubateurs de toutes innovation et singulièrement de la technologie du numérique, elles sont aussi de grandes bénéficiaires de leurs application avec les « Smart Cities ou Villes Intelligentes» en cours d’expérimentation à travers le monde.

 

  • De nouveaux partenaires commerciaux

Si les pays développés de l’Europe et d’Amérique étaient les seuls partenaires au Développement de l’Afrique matérialisé par le concept « Coopération Nord-Sud », le paysage a beaucoup évolué avec l’émergence des BRICS. Ces nouvelles relations devraient diversifier les sources de  l’aide, du commerce et de l’investissement étranger direct (IED).

La Chine est actuellement le premier pourvoyeur de financement d’infrastructures sur le continent, comme l’a encore illustré un récent financement de 60 milliards de dollars pris lors du Forum Chine-Afrique de septembre 2018. La Chine  est suivie par des pays comme le Brésil, la Russie et la Turquie.

De nouveaux acteurs de coopération interafricains sont aussi très actifs : se sont ; le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Kenya et le Nigéria.

Il s’agit pour l’Afrique ou pour chaque pays africain, de renforcer sa capacité de négociation avec ses nouveaux partenaires surtout le Chine, pour diriger les investissements vers les infrastructures urbaines support de l’industrialisation et porteuses de croissance. Car, la chine avec une population vieillissante cherche activement à investir en dehors de son territoire, le projet « Belt and Road Initiative (BRI) ou Ceinture et route pour la coopération internationale  ou communément projet de la nouvelle route de la soie » en est la traduction parfaite. Et l’Afrique se trouve exactement au même stade dans son évolution démographique que la Chine au début de ses réformes économiques ; une population jeune, pauvre et majoritairement rural. Reste à l’Afrique à développer les infrastructures urbaines de manière à rendre ses villes compétitives et attirer les investissements industriels de l’étranger dont la Chine.

  • La transition urbaine une opportunité

Tant que la majorité de sa population était rurale, l’Afrique pouvait ne pas prêter attention à ses villes. Mais la situation est en train de changer à une vitesse vertigineuse. En 2030 la population urbaine sera de 50%. Les prévisions sont qu’entre 2015 et 2045, la population urbaine augmentera de 24 millions de personnes par an, contre 11 millions en Inde et 9 millions en Chine. Les Villes de plus de 5 millions passeront de 5 à 15 et le nombre de celles de plus d’un million d’habitants de 66 à 100. Il est impératif que  l’Afrique adopte dès maintenant des réformes en termes d’arrangements institutionnels et de priorités de financement vers ses villes. La productivité dans les villes est trois fois supérieure à celle du secteur primaire. Ainsi, une bonne gestion des villes par les Etats pour les rendre productive augmentera rapidement leur possibilité de croissance et de transformation structurelle de leur économique. L’urbanisation est donc une opportunité historique pour accélérer la productivité et le développement économique du continent.

 

Comment rendre les villes Africaines Productives ?

En plus des réformes macroéconomiques, institutionnelles pour l’amélioration de l’environnement des affaires, le soutien et le financement des entreprises et la création d’un marché financier fonctionnel et abordable, l’investissement dans les infrastructures urbaines et interurbaines indispensables pour le développement de l’industrie par le secteur privé est impératif. Il s’agit :

  1. De système d’Energie (électricité, raffineries, pipeline, gazoduc, etc.). Il n’existe pas de ville sans énergie. L’énergie est indispensable à toute activité moderne ainsi qu’à la vie des populations dans un monde de plus en plus dominé par le numérique et l’usage d’appareils électroniques. En Afrique, seule 53% de la population a accès à l’électricité. Tout le continent contribue à 3% pour les émissions de CO2 dans l’atmosphère, un indicateur de leur part négligeable de l’Afrique dans l’industrialisation. La demande en électricité émanent aussi bien des populations que des industries sont énormes et impératives ;
  2. Des Infrastructures et Services de transport (Routes, chemins de fer, ports, aéroports, tunnels, ponts, gares routières, etc.). Indispensable pour la mobilité des personnes et des biens. Elles doivent faciliter la mobilité à l’intérieur des villes et entre les villes qui constituent les centres de production industrielles et les nœuds de répartitions des flux de talents, des biens, de la finance et de la technologie. Ainsi,  plus une ville est globalement et régionalement reliée aux entreprises et aux villes du monde entier, plus les IED qu’elle attire sont importants. Les villes présentent des économies plus fortes lorsqu’elles facilitent le commerce international et se connectent à différents pôles économiques au niveau mondial afin de stimuler leurs propres marchés et industries. En Afrique, un accent particulier  doit être mis sur le renforcement des services de transport public de personne dominé à 90% par le secteur informel. Il permet de réduire la congestion, la pollution de l’air et les coûts de transport et partant le coût de la main-d’œuvre ;
  3. Des Zones Economiques Spéciales et/ou des Zones Industrielles. Complément indispensable des infrastructures et services de transport, la création de ces zones permet de localiser les industries qui ne peuvent cohabiter avec les habitations dans des zones géographiques spécifiques. Ces zones permettent aussi une offre globale en terrain industriel pour l’implantation des usines, en logistique, en énergie, en services divers. Elle permet aussi la proximité avec d’éventuels fournisseurs et facilite la collaboration avec les entreprises similaires ou complémentaires. Ces zones doivent être intégrés aux villes, stimulées les entreprises locales, connectées aux centres de recherches et aux universités. Leur rôle est non seulement la production industrielle, mais aussi le renforcement de l’innovation technique et technologique et l’esprit d’entreprenariat local.
  4. Les Infrastructures et services de Télécommunication (Satellites, fibres optiques, data center, téléphonie mobiles, etc.). Permettent la diffusion instantanée de données, d’informations et d’idées. Indispensables aux affaires et à l’économie du numérique.
  5. Des villes compactes. Support de toutes ces infrastructures urbaines, les villes doivent être compactes, planifiées et gérées de sortes à limiter la congestion automobile, renforcer la connectivité, contenir les pollutions environnementales et favoriser les activités économiques et les interrelations sociales.

Enfin, pour paraphraser Parag Khanna, la vie sur la terre est organisée autour des villes et des infrastructures de connectivité. Ainsi, si la terre était un corps humain, le squelette serait constitué par les infrastructures de transport, qui soutiennent ce corps, le système vasculaire par l’énergie qui irrigue ce corps de puissance électrique  et le système nerveux par les Infrastructures de télécommunication qui facilitent et intensifient les communications. La connectivité, et non la souveraineté, est devenue le principe d’organisation de l’espèce humaine. 

Le problème avec cette matrice d’infrastructure dont l’extension ne s’arrête jamais et qui comporte déjà 64 millions de kilomètres de routes, quatre millions de kilomètres de voies ferrées, deux millions de kilomètres de pipelines et un million de kilomètre de câbles Internet, est qu’ elle s’est bâtie avec de l’énergie basée massivement sur du charbon bon marché pour l’électricité, puis sur le pétrole, des sources d’énergie qui contribuent le plus au réchauffement climatique. Plusieurs pays dont la Corée du Sud et la Chine se sont tournés vers les énergies renouvelables après avoir pollué les fleuves et l’air et subit les conséquences ainsi que les réactions négatives de leurs citoyens. Par ailleurs, après le retrait des USA de la COP21, la Chine est devenue le leader mondial dans les énergies renouvelables avec le barrage des 3 gorges dans l’hydroélectricité, mais aussi dans l’électricité solaire et dans l’éolien. La Chine est aussi en tête avec les USA pour la fabrication des batteries de véhicules électriques.

Si le retard du développement économique en Afrique est attribué au manque d’infrastructures de connectivité surtout en milieu urbain, leur réalisation doit obéir désormais à des contraintes liées au développement durable. 

DES EXEMPLES DE REUSSITES EN MATIERE DE POLITIQUES D’URBANISATION POUR L’AFRIQUE ?

 

Pour montrer que les changements que nous proposons ne sont pas des rêves impossibles à réaliser ou trop idéalistes, nous proposons ci-dessous des projets réussis, et de grandes notoriétés à travers le monde en développement.

 

  • LA CHINE. Du sous-développement à la 2ème puissance économique du monde en 40 ans.

La Chine présente l’exemple type  d’une urbanisation réussie, utilisée à son optimum pour son développent économique et social sauf en matière de développement durable. Des réformes lancées depuis 1978 et basées sur les quatre modernisations : modernisation de l’Agriculture, de l’Industrie, de la Défense Nationale et de la Science et la Technologie, lui ont permis d’initier des politiques cohérentes prenant  tous ces secteurs et devenir 40 ans plus tard, la deuxième économie du monde, une puissance technologique et  spatiale et la deuxième puissance militaire du monde.

Elle a su transformer ses petites villes de la côte Est en Mégalopole industrielles de rang mondial, créer des zones économiques spéciales réussies, attirer les IDE et devenir l’usine du monde. Mais aussi utiliser les IDE pour développer l’industrie locale, renforcer le système éducatif et l’écosystème scientifique et technologique. La Chine peut ainsi appuyer l’Afrique sur :

  • La construction de villes productives dans un contexte d’urbanisation ultrarapide ;
  • La création de Zones Economiques Spéciales réussies et qui attirent des IDE ;
  • La production d’énergies renouvelables. Selon l’université américaine Johns Hopkins, la Chine s’est engagée sur 45 projets d’hydroélectricité en Afrique dont 27 achevés, 11 en cours de réalisation et 7 projets signés. La chine est leader mondial de l’électricité solaire, dans l’éolien et les batteries de voitures électriques ;
  • La construction de train à grande vitesse, de ports et d’aéroports.
  • Dubaï et Singapour. Un leadership exceptionnel au service du développement urbain exceptionnel en ¼ de siècle

« Den Xiaoping a répété que la Chine devait apprendre de Singapour. Nous l’avons fait, nous le faisons aujourd’hui et nous le ferons demain »

Président de la >République Populaire de Chine ; Xi Jinping

 

Certains pays ont connu l’exploit de développer des villes exceptionnelles en moins de 40 ans. Il l’ont fait en seulement un peu plus d’un quart de siècle  Il s’agit des villes de Singapour et de Dubaï. Ces villes sont l’œuvre de deux leaders hors du commun ayant une vision, une stratégie et un ardent désir de succès. Ainsi il a fallu 27 ans à Lee Kuan Yew pour construire Singapour et 25 ans au Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum pour bâtir Dubaï.

Selon Olivier Sevin, Singapour constitue un cas emblématique en matière de développement, parce qu’en quelques décennies cette cité-État dépourvue de ressources naturelles, de capitaux et de savoir-faire est devenue une ville globale qui suscite autant l’admiration que l’envie… En quelques années, les autorités singapouriennes ont réussi à doter la ville d’une image compétitive. Singapour fait aujourd’hui figure de ville fonctionnelle, propre, sûre, accueillante, où multinationales et cadres étrangers sont assurés de disposer d’une gamme de services très étendue ainsi que, et ce n’est pas le moindre paradoxe dans un pays où l’action de l’État est omniprésente, de taux d’imposition et de charges sociales très faibles. Le succès est au rendez-vous : en 2010, avec 14,7 %, le taux de croissance du PIB de la cité-État a été l’un des plus élevés du monde.

 

Et, selon l’Agence France Presse (AFP), le souverain, le Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum affirme avoir voulu faire de Dubaï une « Cordoue moderne », au premier plan d’une renaissance arabe, à l’instar de la ville andalouse qui offrait un modèle de coexistence religieuse et communautaire du temps de la  domination arabe sur une partie de l’Espagne.

De fait, Dubaï se démarque des autres pays conservateurs du Golfe qui l’entourent: les étrangers, majoritaires, sont libres de pratiquer leur religion, les étrangères en mini-jupe côtoient les Emiraties en abaya noire, et les bars et boites de nuit sont légion. Qualifié d’autocrate par certains, dans un pays où ni les partis ni les syndicats ne sont autorisés, il garde la porte de son « majlis » (la salle de réception du palais, ndlr) ouverte à ceux qui ont des doléances. « Je suis convaincu que je mène mon peuple non seulement sur le droit chemin, mais sur le seul chemin possible », affirme-t-il dans son livre, « Ma vision ».

 

La qualité du leadership est l’un des ingrédients dont l’Afrique devra faire preuve.

 

Si l’Afrique devra accélérer sa croissance et émerger économiquement, elle devra se focaliser sur ses villes pour les rendre productrices,  prospères et vivables. 

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