L’AFRIQUE PEUT-ELLE CONTINUER A NOURRIR A BAS PRIX SA POPULATION URBAINE, AU DETRIMENT DES AGRICULTEURS LOCAUX, DANS UN CONTEXTE INTERNATIONAL DE PANDEMIE PERSISITANTE ?

L’Afrique subsaharienne, la région Proche-Orient et l’Afrique du Nord déjà importatrices nettes de produits agricoles verront une accentuation de leur dépendance à l’égard des marchés internationaux, d’ici 2030. Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2021‑2030

LE DILEMME DE LA « CONSOMMATION DES PRODUITS NATIONAUX » EN AFRIQUE

Selon l’ONG Belge SOS faim dans sa publication Défis Sud édition 2020-2021, n°138, la pandémie de la Covid-19 a relancé les débats sur la souveraineté, la sécurité et l’autosuffisance alimentaires, ainsi qu’un débat qui leur est très lié, celui sur le protectionnisme agricole. En effet, avec la fermeture des frontière, plusieurs pays ont suspendu leurs exportations du riz dès mars 2020 (Vietnam, Cambodge, Myanmar), laissant le marché international à l’Inde et à la Thaïlande. Le confinement en Inde a fortement ralenti les exportations et seule la Thaïlande a continué à exporter à un rythme « normal ». Le Vietnam a cependant repris ses exportations à partir du 11 avril 2020, mais on estime qu’elles seront inférieures de 40 % par rapport à 2019. Ce sont les pays africains qui paraissent les plus sensibles à ces tensions. En particulier le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire qui importent à eux trois 10 % du total des flux internationaux de riz. Une des difficultés des pays africains est qu’ils sont exportateurs de denrées qui ne sont pas essentielles pour les rations alimentaires (cacao, thé, noix de cajou, fleurs), contrairement au riz ou au blé.

Et selon les experts, à qualité égale, les denrées alimentaires produites localement en Afrique sont généralement plus chères que les produits importés. Les pouvoirs publics se trouvent donc devant un dilemme, promouvoir des produits nationaux chers avec le risque de troubles sociaux dans les villes ou continuer les importations au détriment des producteurs locaux.

 PAS DE PROTECTIONNISME AGRICOLE SANS UNE POLITIQUE CREDIBLE DE REVOLUTION VERTE Lire la suite