FAIRE DE L’URBANISATION EN AFRIQUE UN LEVIER DU DEVELOPPEMENT DURABLE

 

Ou comment passer de la malédiction du sous-développement aux avantages du retardataire

  • LE DÉVELOPPEMENT APRES LE CORONAVIRUS SE FERA AVEC LES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE (ODD)

D’une crise sanitaire localisée, la pandémie du Covid-19 est devenue en un temps record une crise économique et sociale mondiale. La pandémie du coronavirus marque assurément la prise de conscience  du monde entier des conséquences d’un développement qui ne soit pas durable. Aux risques cycles de crises financières de l’économie, s’ajouteront des crises sanitaires comme celle en cours, des crises climatiques, etc., qui perturberont durablement la stabilité économique et sociale de toutes les sociétés humaines.

La destruction des habitats naturels est à l’origine de la pandémie de coronavirus qui frappe actuellement le monde entier. En détruisant la biodiversité, les activités humaines ont ainsi détruit les barrières qui nous protégeaient jusqu’alors de virus dangereux. A l’évidence, l’après covid-19 sera marqué par la mise en œuvre du Développement Durable. Parce que la pandémie de coronavirus a révélé l’étendue de notre interconnexion, nous rappelant à quel point les destins de tous les pays sont étroitement liés. De plus, les grands centres urbains considérés comme épicentres de la maladie ont été fermés sur l’extérieur avec une réduction drastique de l’immigration mais aussi des importations et des exportations (fermeture des frontières, des ports et aéroports) et du tourisme, et fermées à la circulation des personnes à l’intérieur des villes, réduisant au minimum les activités de production (industries et services) et la consommation de masse  (fermetures des restaurants, des bars, des lieux de restauration collective, etc. Ces villes qui sont les moteurs de l’économie des pays se sont arrêtées en même temps que la croissance économique, mettant ainsi le monde en récession. Par ailleurs, la diminution de la circulation des personnes a entraîne une baisse significative du niveau de pollution de l’air dans les aires métropolitaines. Cette pandémie démontre clairement le rôle incontournable des villes dans l’atteinte des Objectifs de Développement Durable. En effet, selon l’ONU-HABITAT, les villes produisent plus de 70 % des émissions mondiales de CO2.

  • L’AFRIQUE SE CARACTÉRISE PAR UNE URBANISATION SANS INDUSTRIALISATION

L’ONU-HABITAT a prévu depuis 2015 que le continent comptera 600 millions de nouveaux urbains et 1 milliard de personnes dans  les villes en 2040, en seulement 25 ans. Cette croissance ultrarapide de la population urbaine ne s’accompagne pas de l’industrialisation comme dans les pays développés ou émergents. L’industrialisation augmente le niveau de productivité des facteurs, le niveau des salaires et la richesse globale et la croissance économique. Les économies africaines sont dominées par leurs secteurs informels qui représentent entre 30% et 90% de tous les emplois non agricoles et plus de 40% du produit intérieur brut de nombreux pays africains. Ce secteur est caractérisé par un faible niveau de productivité, des salaires faibles, une absence de protection sociale et une pauvreté généralisée. Les recettes fiscales des Etats dépendent des activités d’un secteur formel très peu développé représentant en moyenne 10% des emplois non agricoles. L’économie urbaine Africaine est caractérisée par un faible niveau de productivité des facteurs et une pauvreté généralisée.

Ainsi, la contribution au réchauffement climatique de l’Afrique est de seulement 3% à cause de l’absence d’industries, surtout de l’énergie capable de faire tourner des usines.  Cette contribution dénote  du fait que la production et la consommation d’énergie est très faible en Afrique pour satisfaire les demandes populations et pour faire décoller une économie industrielle.

Ce » développement n’est pas pour autant durable. Les Etats n’ont pas les niveaux de recettes nécessaires pour offrir les services publics de base aux populations. Ainsi, face à la pandémie de Coronavirus, l’Afrique présente le système de santé le plus fragile de la planète et suscite à juste titre les craintes des organisations mondiales de la santé. L’habitat informel, qui représente 60 % à 70 % de l’habitat urbain, est appelé à s’étendre si rien n’est fait, créant des poches de pauvreté, d’insécurité et de vulnérabilité à la sécurité, aux maladies et aux épidémies.

  • LES AVANTAGES DU RETARDATAIRE ; UNE LARGE ADOPTION DES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE (ODD)

Un développement économique rapide et soutenu est nécessaire à l’Afrique pour venir à bout de la pauvreté. Mais un tel développement aura besoin d’énergie, d’énormément d’énergie dont le déficit vis-à-vis de la demande pour la couverture des besoins universels et l’industrialisation sont énormes. Le défi consistera à mener à bien cette évolution sans aggraver le réchauffement planétaire, car une situation climatique très dégradée aurait des conséquences néfastes capables d’annuler les bénéfices de la croissance africaine. Un développement sobre en carbone doit être au cœur de la stratégie d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques des pays africains.

La réalité toutefois est que premièrement, l’humanité entame à peine sa transition énergétique d’une civilisation basée sur les énergies fossiles à des énergies propres. Deuxièmement, tout se fabrique en Chine depuis les masque de protection aux appareils respiratoires et toute la planète cherche à acheter des masques de protection en Chine contre le coronavirus.

La bonne nouvelle est que la pandémie du covid-19 qui concerne tous les continents au contraire de l’épidémie d’Ebola en Afrique, oblige tous les pays à trouver rapidement une solution globale pour cette maladie et les pandémies à venir.

Cette pandémie permet aussi une prise de conscience collective et mondiale sur la nécessité d’intégrer rapidement les trois dimensions (économique, sociale et environnementale) du Développement Durable dans les stratégies de développement à venir, d’accélérer la transition énergétique et de diversifier les destinations géographique des investissement pour ne plus dépendre d’un seul pays. .

Les besoins de financement des investissements dans les énergies propres et dans des infrastructures durables pour ses villes, ainsi que dans une agriculture durable sont énormes et pressants pour l’Afrique. Un engagement de tous les acteurs de développement dans le monde est nécessaire ainsi que le secteur privé pour aider à l’accompagner dans ce processus de développement. Reste au continent africain à améliorer l’environnement des affaires, la stabilité politique à l’échelle des pays et le respect des accords de libre-échange à l’échelle continentale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *