LE 21EME SIECLE SERA CONNU COMME LE SIECLE DE LA REVOLUTION URBAINE : QUELS SONT LES NOUVEAUX TALENTS NECESSAIRES POUR GERER UN MONDE DOMINE PAR LES VILLES ?

Les structures de notre quotidien ont connu un grand bouleversement. En moins de deux cents ans, nous avons été transporté de la subsistance autonome vers l’interconnexion planétaire, de la communauté terrienne au marché mondialVers 1800, la plupart des Français étaient des paysans qui construisaient eux-mêmes leur maison, récoltaient leurs céréales, pétrissaient leur pain et tissaient leurs vêtements. Aujourd’hui, l’essentiel de ce que nous consommons est produit par un réseau de grandes et lointaines entreprises. En deux siècles à peine, la communauté paysanne autarcique s’est effacée pour laisser place à une myriade de consommateurs urbains et connectésAnthony GALLUZZO

Nous, étudiants et jeunes diplômés, faisons le constat suivant : malgré les multiples appels de la communauté scientifique, malgré les changements irréversibles d’ores-et-déjà observés à travers le monde, nos sociétés continuent leur trajectoire vers une catastrophe environnementale et humaine. Les sujets environnementaux restent marginaux dans l’enseignement supérieur, cantonnés dans des cours optionnels ou des spécialisations. L’urgence écologique va pourtant impacter et structurer tous les secteurs d’activités. Comment pouvons-nous espérer travailler à la construction d’une société compatible avec les limites planétaires si nous n’y sommes pas convenablement formés ? Comment les entreprises peuvent-elles entreprendre cette transformation avec des collaborateurs qui n’y sont pas sensibilisés ? Nous avons porté ce message auprès des ministères et des établissements de l’enseignement supérieur pour que soient intégrés des enjeux environnementaux dans l’ensemble des programmes. Manifeste étudiant pour un réveil écologique

LA NAISSANCE D’UNE « NOUVELLE FORME D’URBANISATION » EN CE DEBUT DU 21EME SIECLE

Selon le professeur Karen C. Seto de l’université de Yale aux USA, l’urbanisation en ce début du 21ème siècle se démarque de ce que le monde a connu en la matière à travers cinq indicateurs ; la Taille de la population, le Taux d’urbanisation ; la localisation géographique ; la forme et fonction urbaine ; les Transformations culturelles ou la transformation des habitudes de consommation dans les villes.

Taille. En 2016, les villes de BEIJIN et de SANGHAI avaient respectivement 21,5 millions d’Habitants sur 16 800 Km2, 25 millions d’habitants sur 6 300 Km2. Ces villes étaient plus peuplées que des pays comme l’Australie avec 23 millions d’habitants sur une superficie de 7 700 000 de Km2. Sans précèdent dans l’histoire du monde, l’augmentation de la taille de la population des villes et leur nombre deviennent t un lieu commun. La ville de New York est la seule ville de l’occident, zone anciennement urbanisée du monde, à se positionner au 11ème rang des 50 plus grandes agglomérations du monde (Wikipédia, 2021). Ce phénomène récent pose le problème de la gestion de ces très grandes villes ou mégapoles.

Le Taux d’urbanisation. Selon le professeur SETO, s’il a fallu au monde plus de 5000 ans pour atteindre 1 milliards de population urbain en 1960, l’évolution de cette population est plutôt exponentielle à partir de cette date.   26 ans après en 1986, le monde franchit les 2 milliards d’urbains, puis 3 milliards en 2003, à 17 ans d’intervalle, ensuite 4 milliards den 2018 soit sur une période de 15 ans. Les projections suggèrent une augmentation de la population urbaine mondiale de 1 milliards tous els 13 ans. Soit 5 milliards en 2031 et 6 milliards en 2044.

Ainsi, il est prévue la construction d’au moins 30 nouvelles villes de plus d’un millions d’habitant en Chine d’ici 2030 et 26 en Inde durant cette même période.

La localisation géographique. Longtemps cantonné dans les pays occidentaux, les plus développés, l’urbanisation était considérée comme une conséquence logique de l’industrialisation et du développement économique. Plus un pays s’industrialise, plus il se développe économiquement et plus le taux d’urbanisation augmente. La Chine est la preuve contemporaine de cette conception. Toutefois, depuis 1960, les pays en voie de développement s’urbanise aussi et à un rythme n’important jamais connu dans l’histoire. Ce que plusieurs experts caractérisent d’urbanisation sans croissance économique ou urbanisation sans infrastructures. Cette forme d’urbanisation repose sur une majorité d’activités économiques du secteur informel et sur de l’habitat précaire. Le phénomène d’urbanisation se réalise ainsi sur toute la planète entière et le continent africain est le dernier à s’engager dans ce processus et où l’on prévoit le développement de plusieurs mégapoles ou mégalopoles. Se alors dans ces zones peu développer, le problème de construction et la gestion de villes fonctionnelles, productives, mis aussi inclusive, sûres et durables. Les enjeux de développement des villes dans les zones arides confrontées à l’extrémisme djihadiste, etc.

Forme et fonction urbaine. Les villes ont toujours été étudiés par rapport à l’impact qu’elles ont sur leur environnement immédiat, comme la pression foncière pour leur extension où leur impact sur leur environnement naturel direct (pollution, les risques technologiques, etc.). Mais les villes sont aussi des lieux de concentration de populations consistées de consommateur nets. Les villes ne sont pas autosuffisantes. Elles importent presque tout ce dont les habitants ont besoins. Des ressources naturelles pour le bâtiments et les infrastructures physiques (matériaux, sable, ciment gravier, bois, etc.), pour la nourriture (produits agricoles du monde entier), pour les usines et l’activités économique de transformation (matières premières et composants électroniques fabriqués à travers des sites localisés partout dans le monde), etc. Les villes ont un impact global qui est rarement étudié mais les effets se font sentir au quotidien sur les citoyens du monde entier.  

Transformations culturelles (Habitudes de consommation). L’une des transformations constatées dans les villes est le changement culturel profond qui se réalise quand un certain niveau de développement est atteint dans les habitudes alimentaires. Les citadins adoptent une aliment plus carnée. Le développement d’une grande classe moyenne entraine le développement de l’élevage (poulets, porcs, etc.), qui entraine à son tour le développement de l’agriculture pour aliments pour animaux et donc une pression sur le foncier agricole. Ainsi, l’augmentation dans la consommation de viande en Chine va stimuler la demande et une augmentation de la production et la de commercialisation du soja au Brésil par exemple.

  « L’ANTHROPOCENE », « LE CAPITALOCENE », « L’URBANOCENE » ? COMMENT L’HOMME MODIFIE PROFONDEMENT L’ECOSYSTEME TERRESTRE A TRAVERS SES ACTIVITES

Les villes ont donc un impact global au-delà de leur environnement immédiat. Ce sont des centres de production (usines, énergie et électricité, eau, etc.) et de consommation (centres commerciaux et transport par bateaux, trains, avions, camions, etc.) qui demandent des produits naturels, agricoles ou semi-finis du monde entier.

Ainsi perçues, les villes sont au cœur de l’activités humaines modernes. Les lieux où la grande majorité des activités humaines sont concentrés. A l’évidence, le mode de développement des villes entraine l’épuisement des ressources et produit des impacts environnementaux négatifs globalement. Cette considération place les villes comme les causes premières de l’anthropocène ou urbanocène. Une thèse que défend le professeur Michel Lussault.

Son hypothèse reprend celle dite de la « grande accélération » (Steffen), mais en se focalisant sur une part explicative souvent minorée par les études anthropocènes : le rôle effectif de l’urbanisation généralisée et des bouleversements géographiques, économiques, sociaux, culturels et politiques qui l’accompagnent. Il s’agira donc de cerner ce rôle et de l’examiner à toutes les échelles de temps et d’espace.

Selon Wikipédia, le terme Anthropocène, qui signifie « l’Ère de l’humain », a été popularisé à la fin du xxe siècle par le météorologue et chimiste de l’atmosphère Paul Josef Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995 et par Eugene Stoermer, biologiste, pour désigner une nouvelle époque géologique, qui aurait débuté selon eux à la fin du xviiie siècle avec la révolution industrielle, et succéderait ainsi à l’Holocène. L’Anthropocène serait la période durant laquelle l’influence de l’être humain sur la biosphère a atteint un tel niveau qu’elle est devenue une « force géologique » majeure capable de marquer la lithosphère. La période la plus récente de l’anthropocène est parfois dite la grande accélération, car de nombreux indicateurs y présentent des courbes de type exponentiel.

Pour certains experts, les origines de l’anthropocène seraient le capitalisme qui doit être compris pas juste comme un système économique mais aussi comme un moyen d’organiser les relations entre l’homme et le reste de la nature. En effet, les villes sont les centres de la finance et de la politique, éléments indispensables pour le fonctionnement du capitalisme. Pour les tenants de cette thèse reformer le fonctionnement des villes sans prendre en compte une réforme du capitalisme et des modes de productions et de consommation serait une erreur. Plusieurs économistes proposent des pistes de réforme du capitalisme allant des plus modérés comme Thomas PIKETTY au plus radicaux comme Bernard FRIOT ou en Frédéric LORDON, etc.

QUELS TALENTS A L’ERE DE L’URBANOCENE ?

La bonne nouvelle est que les villes sont aussi les lieux de concentration du savoir, des centres d’enseignement de haut niveau, de la recherche et de l’innovation. Elles seules peuvent permettre la création de savoir-faire du niveau de ceux qui ont créés la révolution industrielle, mais aussi l’anthropocène. Pour ce faire, il faut que les écoles à tous les niveaux de scolarité entrainent une prise de conscience des défis de l’anthropocène et trouve les moyens de produire des talents spécifiques à même de renverser à temps les impacts du mode de développement actuel.

LE CAS SPECIFIQUE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Si les entreprises privées et celles du secteur des énergies fossiles, sont présentes dans les musées, les stades, les cercles politiques et économiques, elles s’infiltrent également dans les écoles, de la primaire à l’enseignement supérieur. Mais c’est dans le supérieur que leurs actions sont plus marquées pour maintenir leur attractivité auprès des cerveaux les plus brillants et des futures cadres des nations. Ces activités de financement des enseignements et de la recherche sont pour elles un enjeu stratégique et risquent de faire perdurer des modes de production appeler à disparaître. Les Etats ne peuvent plus laisser le financement sans encadrement strict des entreprises privées dans le supérieur.

Les Etats doivent en outre prévoir les financements et les reformes à la hauteur des menaces pour répondre aux exigences de réforme de l’enseignement supérieur.

Pour l’heure plusieurs universités à l’instar de, l’ESSEC Business School qui a lancé au printemps 2020 une démarche ambitieuse de transition écologique et sociale, intitulée Together, afin de répondre à sa mission de former de futurs leaders aptes à répondre aux grands enjeux sociaux et environnementaux. L’École a ainsi intégré des cours obligatoires sur les transitions écologiques et sociales dans tous ses programmes existants, et a entamé la transformation de ses campus pour réduire leur impact environnemental. En 2021, l’ESSEC va encore plus loin avec le lancement d’un nouveau MSc in Sustainability Transformation. La première cohorte démarrera à la rentrée académique 2022.

Plusieurs formations de l’enseignement supérieur sur l’urbanisation existent et abordent le sujet suivant les thématiques majeures suivantes :

–       L’urbanisation durable. Example; MSc in Sustainable Urban Development de Oxford university (UK) ;

–        Management de l’Urbanisme. Voir Classement Master Management de l’Urbanisme TOP 10 2021 (France) ;

–       Urbanisme et technologies de l’informationMASTÈRE SPÉCIALISÉ® URBANTIC® GÉNIE URBAIN ET TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION (EIVP, France) ou encore Applied Urban Science and Informatics, M.S. NYU school of engineering (USA) ;

–       Smart cities. MASTER’S IN Global Smart City Management (Espagne) ;

–       Gestion des grandes métropoles. Avec Executive MSc in Cities, London School of Economics and Political Science (UK).

DU TRIOMPHE DE LA RECHERCHE A LA DEMOCRATISATION DE L’ENSEIGNEMENT PAR LES MOOCS ?

Des ressources éducatives gratuites des plus grands experts mondiaux du développement durable sont proposées par le SDG Academy à travers des moocs, dont au moins un mooc sur les villes durales.

Selon Wikipédia, Le classement universitaire des universités mondiales par l’université Jiao Tong de Shanghai ou classement de Shanghai (appellation commune de l’Academic Ranking of World Universities en anglais, ou ARWU) est un classement des principales universités mondiales, établi par des chercheurs de l’université Jiao-tong de Shanghai en Chine.

Ces institutions sont classées selon un indice unique calculé à partir de six critères quantitatifs, notamment le nombre de publications dans les deux revues scientifiques Nature et Science, le nombre de chercheurs parmi ceux qui sont les plus cités, le nombre de prix Nobel scientifiques et de médailles Fields attribués aux anciens élèves et aux personnels de l’université, et un critère de productivité rapporté à la taille du corps enseignant si elle est connue.

La méthode de classement et sa pertinence sont vivement critiquées et en particulier l’affirmation selon laquelle ces critères seraient pertinents et objectifs. Aucun critère du classement n’évalue la qualité de l’enseignement ni le niveau des élèves diplômés, ce qui est paradoxal dans un classement d’institutions dont l’une des deux vocations premières, à côté de la recherche, est l’enseignement et la formation professionnelle d’élèves qui pour la plupart ne se destinent pas à la recherche. Si les MOOCs ne devaient avoir qu’une seule vertu, ce serait d’avoir replacé l’enseignement au centre de l’attention des universités les plus prestigieuses.

Imaginée en 2008 et vulgarisé en 2012, l’arrivée des moocs a été une véritable lame de fond qui a transformé le rapport à la formation. De confidentielle et personnelle, la formation est devenue massive, de payante, elle est devenue gratuite, d’engageante elle est devenue libre.

Il existe une grande diversité d’enseignements en ligne pour le souligne Campus France. MOOC (Massive Online Open Courses), SPOC (Small Private Open Courses), FOAD (formations ouvertes à distance), ressources numériques… les possibilités de formations en ligne et à distance sont nombreuses pour se former depuis chez vous.

Le site web Thot Cursus, dédié à la promotion de l’apprentissage sous toutes ses formes en ligne depuis 1996, dresse un répertoire des formations, des outils et ressources numériques pour l’éducation et la culture, dans tous les domaines de l’activité humaine. Son répertoire des cours ouverts et Moocs pour apprendre gratuitement.

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