PLANIFICATION URBAINE ET URBANISATION ULTRARAPIDE RAPIDE. QUELS ENSEIGNEMENTS DE L’EXPERIENCE  DE LA CHINE POUR L’AFRIQUE ?  

Les villes ne sont pas simplement des lieux de résidence ou des lieux de production de biens et de services. De par leur propre dynamique interne, les villes sont des moteurs essentiels de la croissance et du développement. Ils génèrent de la richesse et de la prospérité, servent de pôles d’innovation et de transformation, créent des effets multiplicateurs, facilitent la redistribution des actifs et des opportunités, augmentent la productivité et contribuent à un développement territorial équilibré. UN-HABITAT

L’urbanisation verte de la Chine basée sur la civilisation écologique devrait se concentrer sur trois tâches fondamentales et deux stratégies. Les trois tâches consistent à remodeler les villes existantes, à urbaniser la population nouvellement ajoutée de manière verte et à redéfinir les zones rurales. Les deux stratégies clés consistent à réaliser l’urbanisation verte des aires urbaines qui représentent plus de 90 % du PIB national, 70 % de la population totale et 30 % de la superficie ; et d’urbaniser les zones au niveau des comtés où résident environ 60% de la population nationale. Yongsheng, Zhang. 2021.

URBANISATION EN CHINE : DU MODEL INDUSTRIEL TRADITIONNEL A LA PROMOTION D’UNE « CIVILISATION ECOLOGIQUE ET URBANISATION DE QUALITE »

Amorcé au début de la révolution industrielle il y a plus de 200 ans en Europe, le processus de développement de l’urbanisation du monde connaît une transformation importante : son centre de gravité s’est déplacé des pays développés vers le monde en développement. Principalement en Afrique et en Asie. Selon l’article « How Far Has China’s Urbanization Gone ? », l’urbanisation rapide de la Chine a attiré l’attention internationale. Le niveau d’urbanisation est passé de 17,92 % en 1978 à 58,52 % en 2017, ce qui a dépassé la moyenne mondiale de 54,74 %. Si la tendance actuelle se maintient, la population urbaine de la Chine devrait dépasser 1 milliard de personnes au cours des deux prochaines décennies, ce qui laisse présager une augmentation de la capacité de consommation de la Chine. L’urbanisation de la Chine, qui a été identifiée par Joseph E. Stiglitz comme l’une des deux principales forces qui façonnent le monde au XXIe siècle, a eu un impact profond sur l’économie chinoise ainsi que sur l’économie mondiale. Cependant, l’urbanisation de la Chine a également été confrontée à plusieurs problèmes. Le processus d’urbanisation engendre une pression croissante sur les milieux naturels et une lourde dégradation environnementale, qui compromet sérieusement la qualité des conditions de vie en Chine à moyen et long terme, fait peser des menaces sérieuses sur la disponibilité et la pérennité des ressources naturelles, et sur la santé des populations et même de l’économie chinoise.

La planification urbaine est la volonté d’organiser le développement urbain dans le temps long. Au-delà de sa dimension spatiale qui consiste à l’inscrire dans un territoire géographique donné avec ses contraires physiques et écologiques, le développement urbain doit répondre aux enjeux de développement économique, social et culturel du moment. A l’ère du développement durable, le développement urbain doit être économiquement viable, socialement équitable et vivable vis-à-vis de l’environnement. Il s’agit pour les pouvoirs publics de définir les outils juridique et institutionnel, les modes de planification et de fabrication des villes, qui détermineront le métabolisme urbain. Ces outils, modèles et techniques de planification doivent permettre d’orienter et de coordonner les actions des différents acteurs de la fabrique de la ville vers des objectifs qui tirent le meilleur parti des mutations et transitions en cours ; transition écologique, numérique, démographique, etc. Ils doivent permette aux pouvoirs publics de prévoir les infrastructures et équipement structurants qui vont favoriser l’implantation harmonieuses des activités et services urbains, l’accueil, le logement, le déplacement et le divertissement des populations nouvelles et anciennes ainsi que les financements nécessaires.

Selon Rémi CURIEN, depuis 2006, les autorités chinoises ont pris conscience de la gravité des enjeux environnementaux : un premier rapport officiel chinois SEPA-NBS est publié en 2005 sur l’environnement, et le 11e plan quinquennal (2006-2010) prône un nouveau modèle de développement, plus équilibré et plus concentré sur la planification urbaine, de nouveaux concepts, lois, programmes et projets en faveur d’une meilleure prise en compte environnementale ont vu le jour depuis 2006. Depuis, la qualité de l’urbanisation en Chine a progressivement évolué au fil du temps et s’inscrit désormais dans le concept de « Civilisation Ecologique »,

En 2035, le gouvernement chinois prévoit que plus de 70 % de la population du pays, soit environ un milliard de personnes, vivra dans les villes. Les villes chinoises sont devenues de puissantes machines à produire et à créer de la richesse. Ce développement prodigieux a permis à la Chine de devenir une grande puissance mondiale, et à sa population d’élever significativement son niveau de vie, même si les disparités sociales sont importantes.

Chaque année, la Chine compte 15 à 20 millions de nouveaux urbains. Dans un contexte marqué par des alertes répétées à la pollution de l’air, aux perturbations climatiques, à la destruction du couvert forestier, à l’érosion des terres arables, à la pollution des eaux et des sols , etc., les politiques urbaines chinoises accordent une attention croissante aux principes du développement durable dans des villes très denses où les bidonvilles sont quasiment absents.

Shenzhen est une des villes chinoises pionnières où un plan d’urbanisme défini selon les règles contemporaines de la planification urbaine et du respect de l’environnement est visible : des autoroutes et des espaces verts ont été aménagés. La ville est ainsi pionnière dans l’électrification des transports, avec 850 taxis électriques et plus de 6000 autobus électriques, hybrides ou alimentés avec d’autres carburants alternatifs. Ceux-ci constituent la plus importante flotte de véhicules verts au monde, qui a valu à la ville de recevoir, en 2014, le prix pour les transports de l’Organisation internationale des villes pour le climat C40 (Valérie Borde, 2015).

Selon l’urbaniste Néerlandais, JOOST VAN DEN Hoek dans un TEDXVEGNHEL, (nov., 2019), intitulé ; « Que pouvons-nous apprendre des méga villes chinoises » ? La planification des mégapole urbaines où l’on doit construire chaque année un millions de logements, obéissent aux six (6) principes ci-dessous :

1.    Immeubles de grande hauteur à haute densité et à usages mixtes ;

2.    Pas de maisons avec jardin, 90% des citadins chinois vivent en appartement ;

3.     Grandes villes, avec une population et un PIB supérieurs à beaucoup de pays dans le monde ;

4.    De meilleures connexions de toutes les grandes villes du pays avec des chemins de fer à grande vitesse et un coût de transport moins cher que l’avion ;

5.    Plus de transports en commun à l’intérieur des villes ; avec des vélos, des voitures électriques (bus, taxis, etc.)

6.    ‐ Moins de voitures

 LE MONDE EST ENTRE DANS UNE NOUVELLE CIVILISATION URBAINE ET LES VILLES CONCENTFRERONT ENCORE PLUS DE POPULATION, PLUS D’ACTIVITES ET PLUS D’INVESTISSEMENTS Y COMPRIS EN AFRIQUE

Depuis 2008 le monde a atteint officiellement selon l’ONU le seuil de 50%. Aujourd’hui le monde compte un peu plus de 55% d’urbains et les nouveaux foyers d’urbanisation se situent en Afrique et en Asie. L’urbanisation devient un phénomène inévitable et irréversible ainsi que le développement urbain.

Une ville n’est productive que si elle est bien planifiée. Laissée elle –même, le développement urbain produit plus d’externalités négatives que de progrès économique et social. Elle est dominée alors par l’informel ; informalité des activités, informalité des habitations.

La planification urbaine est avant tout une volonté politique et un outil puissant de développement économique et social.

QUELQUES POINTS A RETENIR POUR L’AFRIQUE ?

  • Aux Etats et aux institution régionales et Continentale de développer des connections rapides des différentes villes africaines dans le contexte de la mise en œuvre de l’Accord portant création de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine
  • Aux Etats, de reconnaître que la planification urbaine est une volonté politique et un outil puissant de développement économique et social ;
  • Aux Etats de définir et/ou actualiser les textes juridiques et le cadre institutionnel de gestion d’un développement urbain durables
  • Aux Etats de définir et surtout d’appliquer les outils, modèles ou techniques de planification urbain durable. La plupart des plans de développement urbain élaborées en Afrique sont rarement mis en œuvre
  • Aux Etats de prévoir le financement des plans de développement urbain élaborés

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