URBANISATION, SYSTÈME DE VILLES ET INDUSTRIALISATION

« Les villes d’un pays peuvent être considérées comme un portefeuille d’actifs qui se distinguent les uns des autres par notamment leur taille, leur emplacement et la densité de leur population ». (Banque mondiale, 2009).

« Les petites villes à faible niveau d’urbanisation facilitent les économies d’échelle internes, comme l’accueil d’une grande entreprise qui transforme des produits agricoles locaux. Les villes secondaires parvenues au stade intermédiaire d’urbanisation facilitent les économies de localisation en favorisant des liaisons entre des entreprises intervenant dans le même secteur. Les grandes villes se situant à un stade avancé d’urbanisation facilitent les économies d’urbanisation grâce à une base économique diversifiée qui favorise l’innovation ». Banque mondiale

SYSTÈME DE VILLES

Selon Denise Pumain Professeur émérite à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le réseau de villes d’un pays ou l’ensemble organisé des villes d’un même territoire forme « un système de villes » ; un système de villes, est un ensemble de villes dont les évolutions sont rendues cohérentes, interdépendantes par les multiples interactions qu’elles ont entre elles : des échanges, des réseaux et des relations de concurrence et de complémentarité. En somme, « un système de villes »  désigne l’ensemble organisé des villes d’un même territoire. Le système de villes est souvent considéré dans le cadre d’un territoire national, car c’est à ce niveau que se définissent des règles qui assurent l’homogénéité des conditions du fonctionnement social et économique.

L’étude du « système de villes » d’un même territoire n’a pas seulement pour objectif de fournir des typologies ou des classements de ces villes. Elle s’attache principalement à l’observation et à la formalisation des principes qui expliquent l’émergence et l’évolution de ces structures.

PROPRIÉTÉS CARACTÉRISTIQUES DES SYSTÈMES DE VILLES

  •  LA HIÉRARCHIE URBAINE

Pour Denise Pumain, que dans tous les pays du monde et à toutes les époques, il y ait une hiérarchie urbaine telle que le nombre des villes suit une progression géométrique inverse de leur taille, constitue une caractéristique remarquable, invariante par rapport aux systèmes politiques ou économiques et culturels. En effet, à l’intérieur du système national, les villes se distinguent par la taille et se classent en grandes, moyennes et petites villes, présentant ainsi une hiérarchie urbaine. Le concept de hiérarchie urbaine, décrit l’ensemble des tailles de villes. Il s’agit d’une forme pyramidale, en quelque sorte, des inégalités de taille à l’intérieur d’un système de ville. La forme des hiérarchies urbaines, quel que soit le territoire, quels que soient la région ou le pays du monde où on l’observe, est similaire. On a donc ici un modèle universel, avec beaucoup de petites villes, moins de villes moyennes, et très peu de grandes villes. La taille des villes peut se mesurer par le nombre d’habitants, une grandeur comparable à l’ensemble des villes du monde utilisée par les Nations Unies, la surface occupée ou par son PIB. Cette régularité est appelée « la loi rang-taille » par le statisticien Zipf ou la loi de Zipf.

 La hiérarchie urbaine des pays en développement et dans la plupart des régions du monde présente une très grande ville appelée ville « primatiale » dont la taille est au moins 2 fois celle de la seconde ville. Dans les pays en développement ce rapport population de la ville primatiale sur la population de la seconde ville est de 6,1 en moyenne. Dans certains pays, plusieurs villes dominent la hiérarchie urbaine, on parle de « macrocéphalie ».On observe aussi que la croissance des villes est distribuée dans toutes les parties du système ce qui permet de préserver sur le long terme la trame et la hiérarchie urbaine.

La régularité des inégalités de taille est complétée, dans l’analyse des systèmes urbains, par une autre dimension qui ne lui est pas directement liée. C’est la persistance, à moyen terme (plusieurs décennies), dans les mêmes villes, d’une spécialisation économique (Fabien Paulus, 2004).

  • LES SPÉCIALISATION FONCTIONNELLES DES VILLES

La spécialisation fonctionnelle des villes est le résultat de la diffusion hiérarchique des innovations dans les systèmes de villes. Les villes sont les lieux et les produits des innovations et toutes sont en concurrences pour attirer les produits innovants, sources d’emplois nouveaux et de richesse. Toutefois, on observe que la diffusion des innovations se fait de façon hiérarchique, d’abord des grandes villes vers les villes moyennes et enfin dans les petites villes. Les effets de cette diffusion hiérarchique sont le renforcement des inégalités des villes dans le système. De plus, les plus grandes villes présentent plus d’avantages économiques et favorisent la diversification des implantations. Elles offrent des fonctions de services plus rares, des niveaux de qualifications élevés et concentrent ainsi les activités innovantes.

Néanmoins, on note des inconvénients liés à la taille des villes, les grandes villes présentent des coûts de congestion et d’encombrement élevés, des coûts de production liés aux salaires et loyers onéreux et des prix des terrains ainsi que  de l’immobilier en général.

  • PETITES VILLES ET SPÉCIALISATION ECONOMIQUE

 Les villes moyennes et les petites villes sont les lieux de localisation des innovations devenues matures par les effets de la diffusion hiérarchique. Elles sont plus enclines à la spécialisation liée à des effets de gisements par la présence de matières premières abondantes, à la qualité des sites par exemple la présence de zones touristiques, à la politique de planification le choix politique d’implantation d’activités, le milieu innovateur la présence d’une qualification de pointe, etc.

 Les inconvénients de la spécialisation sont la fragilisation des villes lorsque l’activité économique est en déclin.

 

 

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